Mardi 3 novembre 2009
portrait de Paul Eckman Paul Eckman est un chercheur américain né en 1934 à Washington DC. Son œuvre est reconnue par la communauté des psychologues comme pionnière dans le domaine de l'étude du langage non verbal, et notamment dans l'étude des émotions et de leurs expressions faciales.

Pendant 40 ans, ses travaux ont été largement soutenus par le national institute of mental health (NIMH), l'organisation gouvernementale des Etats-Unis qui se consacre à la recherche sur les maladies mentales. Paul Eckman a même reçu six fois le research scientist award de la part de cette organisation.

Au départ, ses recherches se consacraient à la détection du mensonge dans les situations où il constituait une question de vie ou de mort. Le but était de repérer les patients reçus en hôpitaux psychiatriques présentant un risque suicidaire, afin de les garder à l'hôpital pour les soigner au lieu de les laisser sortir et de risquer qu'ils ne se suicident. Ses recherches ont ensuite largement dépassé cette situation pour s'intéresser au mensonge en général, quelle que soit la situation, et à l'expression faciale des émotions. C'est ainsi que Paul Eckman a contribué à élaborer d'immenses connaissances sur le langage non-verbal et la science de lire les visages.

expressions faciales d'émotions Dans ce domaine, il se distingue largement de la masse des analystes traditionnels du langage non verbal, notamment ceux qui sont issus de l'école de Palo Alto. Bien que ce soit eux les premiers qui ont donné ses lettres de noblesse à l'analyse du langage non verbal, ils sont aussi responsables de son discrédit. En effet, ceux-ci ont élaboré une connaissance du langage non-verbal de manière uniquement empirique, par convergence d'observations en situation réelle. En d'autres termes, ils n'ont pas mis à l'épreuve leurs théories.

C'est sur ce point que se distinguent les travaux de Paul Eckman. Les connaissances sur le langage non verbal et sur l'expression des émotions qu'il nous livre ne sont pas de simples observations empiriques. En effet, et c'est bien là que se trouve la richesse de ses travaux, Paul Eckman étudie le langage non verbal et les émotions de manière scientifique, par la méthode expérimentale. En somme, il met à l'épreuve des théories en testant des hypothèses.

Récemment, les travaux de Paul Eckman ont été portés sur le petit écran. Lie To Me (cliquez sur le lien pour voir l'article de Fanchon à ce sujet) est une série américaine qui raconte l'histoire d'un chercheur, Cal Lightman, spécialisé dans la lecture du langage non verbal et des expressions faciales des émotions. Cal a créé une agence de détectives privés et participe ainsi à des enquêtes. Paul Eckman est consultant pour cette série.

A lire :
  • Pour tout savoir sur les mensonges et comment les repérer : Telling Lies, de Paul Eckman.
  • Pour les parents : Why Kids Lie: How Parents Can Encourage Truthfulness, de Paul Eckman.
  • Pour ceux qui n'aiment pas lire l'anglais : L'expression des émotions chez l'Homme et l'animal, de Charles Darwin

  • A voir :
  • Lie to me, série américaine avec Tim Roth et pour laquelle Paul Eckman est consultant.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychologie sociale - Communauté : Génération "Coach"
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 27 octobre 2009
Marcel Rufo et Eglantine Eméyé sur le plateau d'Allo Rufo Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Marcel Rufo est un pédopsychiatre, c'est-à-dire un médecin psychiatre spécialisé dans les troubles de l'enfant et de l'adolescent. Très médiatique, il intervient souvent sur les plateaux de télévision.

Depuis la rentrée, il anime même une émission quotidienne sur France 5 en compagnie d'Eglantine Eméyé : "Allo Rufo". L'émission dure 5 petites minutes au cours desquelles des parents, grands parents et adolescents posent des questions au pédopsychiatre. Celui-ci tente d'apporter immédiatement une réponse concrète aux petits et grands problèmes qui sont abordés.

C'est sûr qu'en 5 minutes, les sujets sont survolés. Il n'est pas question d'approfondir, mais simplement de rassurer les parents sur les comportements de leurs enfants, leur apporter des explications simples et concrètes, et les pousser à consulter un spécialiste lorsque c'est nécessaire.

Et puis, ce qui est particulièrement intéressant, c'est que chacun peut poser ses propres questions, directement en passant par le site Internet de France 5.

Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez aussi retrouver les dernières questions posées ainsi que les réponses apportées par Marcel Rufo. Vous pourrez aussi visionner les vidéos des dernières émissions sur la page consacrée à Allo Rufo sur le site de France 5.

Allo Rufo : du lundi au vendredi à 10h05, sur France 5.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychothérapie - Communauté : Génération "Coach"
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 22 octobre 2009
Tout le monde sait que le téléphone portable est un danger sur la route. Même en utilisant un kit-main libre, téléphoner au volant multiplie par 5 les risques d'accidents. Mais ce qu'on ignorait jusqu'à maintenant, c'est que les piétons aussi prennent des risques en téléphonant.

En effet, selon une étude publiée dans la revue Applied cognitive Psychology (Psychologie cognitive appliquée), téléphoner rend "aveugle par inattention". Cette étude, menée par Ira Hyman, professeur de psychologie à la Western Washington University, a porté sur l'observation de 317 personnes.
Et les résultats sont édifiants : les piétons qui téléphonent marchent plus lentement, se trompent de direction et ne remarquent pas des évènements inhabituels ou surprenants qui ont pourtant lieu sous leur nez. Par exemple, seul un quart des piétons en train de téléphoner a remarqué un clown sur un monocycle qui passait à proximité, alors que plus de la moitié des personnes qui se baladaient à deux ou écoutaient de la musique avec leur MP3 l'ont vu.

L'action de téléphoner mobilise une énorme partie des ressources cognitives de notre cerveau. Nous sommes donc incapables de faire autre chose en même temps. C'est comme si téléphoner mobilisait l'ensemble de nos capacités de réflexion, qui ne sont plus disponibles pour exécuter d'autres tâches tant que dure le coup de fil.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychologie cognitive - Communauté : Génération "Coach"
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 1 septembre 2009
Pour cet article, je vous propose une petite expérience de psychologie cognitive. L'expérience est amusante. Elle porte sur les interférences entre deux traitements effectués simultanément par le cerveau. Dit comme ça, ça n'a pas l'air bien marrant, mais je vous assure que ça vaut le détour.

Pour débuter, vous allez commencer par énumérer, à voix haute (enfin sauf si vous êtes au boulot, parce que vos collègues vont vous regarder bizarrement) les couleurs des mots ci-dessous. Attention, j'ai bien dit d'énumérer les couleurs des mots, et non de lire les mots.

jaune bleu vert rouge bleu vert rouge jaune rouge vert bleu vert jaune rouge vert bleu
bleu jaune rouge vert bleu vert jaune rouge vert bleu vert rouge jaune rouge

Ju
sque là, aucun problème. Vous allez me dire qu'un enfant de 3 ans sait reconnaître les couleurs. Mais attention, ça va devenir plus corsé avec les lignes ci-dessous. Encore une fois, énumérez à voix haute les couleurs des mots qui suivent, sans les lire.

jaune bleu vert rouge bleu vert rouge jaune rouge vert bleu vert jaune rouge vert bleu
bleu jaune rouge vert bleu vert jaune rouge vert bleu vert rouge jaune rouge

Alors, combien de temps avez-vous mis ? Combien de fois avez-vous bafouillé ? Rassurez-vous, c'est normal. Votre cerveau a du mal à jongler en même temps avec le traitement de la reconnaissance des couleurs, et celui de la lecture. Le second prend l'avantage sur le premier, si bien qu'il faut se forcer pour réprimer la lecture des mots.

En effet, la lecture est un processus automatique. Vous pourrez essayer tant que vous voudrez, il est impossible de s'empêcher de lire. Etonnant, avec le mal qu'on s'est donné à l'école pour apprendre la lecture, pour mettre bout à bout des morceaux de syllabes qui ne voulaient rien dire à l'époque.

Ce phénomène s'appelle l'effet Stroop, du nom de son découvreur. Il porte plus généralement sur l'interférence que produisent les processus automatiques sur les autres traitements du cerveau. Un processus automatique, comme la lecture, demande peu d'énergie au cerveau, alors qu'un traitement volontaire, comme le calcul mental, demande bien plus d'énergie, d'attention, de concentration.  Si bien que les seconds sont facilement parasités par les premiers, alors que l'inverse n'est pas vrai.

Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychologie cognitive - Communauté : Génération "Coach"
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander

Profil

Raphaël GEORGES

Domaine professionnel :
Consulting RH, psychologie et coaching

Localisation :
Grenoble, Isère (38)

Ils ne savaient pas que c'était impossible,
alors ils l'ont fait.

Mark Twain
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés