Samedi 15 novembre 2008
Une distorsion cognitive est une interprétation personnelle et fausse de la réalité qui résulte d'une erreur dans le traitement mental de l'information. Notre cerveau est performant, mais il ne peut pas être comparé à un ordinateur. Ce n'est pas un microprocesseur, un calculateur précis et objectif. Il est limité et carrément subjectif. Il est soumis à des biais, qui ne sont pas de simples erreurs de calcul, mais de véritables systèmes de pensée organisés, souvent utiles, mais qui se révèlent inefficaces, voire dangereux, dans certaines situations.

L'étude des distorsions cognitives fait l'objet de nombreux travaux en psychologie cognitive depuis les recherches de Beck, dans les années 60. La science est loin d'avoir épuisé ce domaine de recherche, mais nous avons une idée relativement précise de leur fonctionnement psychologique : les biais cognitifs apparaissent pour conformer nos raisonnements à nos valeurs et à nos émotions du moment.
La multitude de ces distorsions cognitives, leur caractère inconscient et  leur manque d'objectivité rend leur étude importante dans les domaines scientifique, mais également judiciaire, publicitaire, économique, médical, etc. Par exemple, dans le domaine de la Justice, il faut garder à l'esprit qu'un témoignage est subjectif, et qu'il ne reflète pas forcément la réalité. La publicité exploite souvent les failles de notre cerveau, pour nous vendre les produits qu'elles vantent en faisant appel à nos croyances irrationnelles. Examinons tout cela en détail. Parmi les principales distorsions, Beck cite :

- L'inférence arbitraire : Elle consiste à tirer des conclusions sans preuve. Par exemple, "la mère Michel ne m'a pas dit bonjour aujourd'hui : elle me déteste." Avec un peu plus d'investigations, peut-être  que vous auriez remarqué que la mère Michel avait la tête ailleurs parce qu'elle avait perdu son chat.

- L'abstraction sélective : Elle consiste à se focaliser sur un seul détail, et à faire abstraction de la situation globale. Par exemple, vous allez acheter le nouveau Cillit Bang (sisi, vous savez : "Dites adieu à la saleté.") parce qu'il est deux en un et multi surfaces, alors il permet de remplacer plusieurs produits à lui tout seul. Mais peut-être qu'en réfléchissant un peu plus, vous remarquerez qu'un flacon de Cillit Bang coûte plus cher que la somme des produits qu'il remplace. Un autre exemple ? Lors de votre entretien annuel d'évaluation au boulot, votre chef vous félicite pour votre travail, pour votre assiduité, pour votre ponctualité, pour votre minutie, pour votre esprit d'initiative, pour votre autonomie, pour votre esprit d'équipe, etc. Et au milieu de tout ça, votre chef glisse un petit "peut mieux faire" à propos de votre capacité à défendre un dossier. Et bien l'abstraction sélective vous donnera l'impression que l'entretien n'était qu'un tas de reproches et qu'on ne respecte pas votre travail.

- La surgénéralisation : Elle consiste à étendre à toutes les situations possibles une expérience isolée. Par exemple, un samedi où vous voulez vous balader en forêt et que le temps n'est pas favorable :  "Tous les week-ends il pleut."

- La maximalisation et la minimalisation : Elles consistent à attribuer une plus grande valeur à certains évènements, et à en minimiser d'autres. Par exemple, vous considérez que vous êtes mauvais en sport parce que vous surestimez votre incapacité à jouer au foot (ben oui, les pieds sont trop loin de la tête) et vous sous-estimez la valeur de vos excellentes performances en rollers. Tout ça parce que pour vous, le foot est plus un sport que le roller.

- La personnalisation : Elle consiste à surestimer son rôle dans les évènements. Classiquement, c'est le cas de ceux qui s'attribuent la réussite d'un projet qui était pourtant réalisé collectivement, ou des supporters de l'OM, ou du PSG après un soir de match : ON a gagné. Ce à quoi on pourrait répondre : "Ah oui et  c'était pas trop difficile de courir sur le terrain avec ton écharpe bariolée, ta kro et ton paquet de chips ?"

- La pensée dichotomique : C'est un "tout ou rien". L'individu n'envisage pas les positions intermédiaires. Par exemple, "ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi." Ou alors, si vous n'avez pas réalisé totalement vos objectifs, vous considérez que vous avez échoué. Mais pensez-y sérieusement : vous avez vraiment l'impression que vous n'avez pas avancé du tout ?





Par Raphaël GEORGES - Publié dans : Psychologie cognitive - Communauté : Psycho / Psycha
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Jeudi 6 novembre 2008


Mémento ("Souviens-toi" en latin) est un film sorti en 2000, de Christopher Nolan, avec Guy Pearce, Joe Pantoliano et Carrie Ann Moss. Le film est un concept à lui tout seul, original à la fois par son scénario et par sa narration.

Leonard est un banal contrôleur en assurance sans problème, qui vit dans une banlieue tranquille. Rien d'exceptionnel jusqu'à ce qu'une nuit, pendant que tout le monde dort, des hommes entrent par effraction dans la maison et s'en prennent violemment à sa femme. Leonard tente de s'interposer mais se fait maîtriser, tabasser et laisser pour mort. A son réveil, sa femme est morte, et Leonard n'est plus le même.
Les coups qu'il a reçu ont engendré un traumatisme crânien qui affecte sa mémoire. Il n'est pas stricto sensu amnésique, car tous les souvenirs concernant les évènements de sa vie jusqu'au drame sont intacts. Le problème, c'est qu'il ne peut plus rien graver dans sa mémoire à long terme. Il fonctionne uniquement avec sa mémoire de travail. Tous les nouveaux évènements qu'il vit s'effacent petit à petit de sa mémoire au fur et à mesure que le temps passe. Pour sauvegarder les informations importantes, Leonard est obligé d'utiliser des photographies, des notes, des tatouages. Rien de très fiable au final. Difficile dans ces conditions de venger la mort de sa femme...

Pour ne pas casser le suspens, le film a la particularité de se dérouler "à l'envers", c'est à dire que les évènements les plus récents défilent en premier. On le voit d'abord tuer le meurtrier présumé de sa femme, et ensuite on découvre le cheminement de l'enquête qui l'a amené à ce dénouement, petit bout par petit bout. Le DVD propose d'ailleurs un bonus permettant de voir le film dans le sens "normal", ce qui est utile pour obtenir le fin mot de l'histoire. En effet, car voir le film dans le sens antichronologique est intéressant pour entrer dans la peau du personnage, découvrir les choses en même temps que lui, mais la contrepartie est que le spectateur est ,autant que le héros, la victime des manipulations des personnages secondaires qui cherchent à profiter de l'état de Leonard.
Par Raphaël GEORGES - Publié dans : Cinéma - Communauté : Grenoble
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Lundi 13 octobre 2008

Il n’y a pas que les femmes qui portent des bijoux. Les hommes aussi : montres, chevalières, bracelets, pendentifs, etc. Et c’est peut-être difficile à croire, mais un homme qui porte des bijoux choisis avec soin renvoie une image de virilité.


Réveillez l’homme tribal qui dort en vous

Les ornements masculins résonnent dans l’inconscient primitif. De tous temps, les hommes se sont servi de parures pour exposer leur virilité. De manière générale, quelles que soient les cultures, seuls les hommes respectés - guerriers, shamans et chefs - portaient des bijoux. Les parures servaient à montrer que l’homme n’avait pas peur de ses rivaux masculins, qu’il les défiait. Comme les peintures de guerre, les bijoux étaient des attributs qui représentaient la force de celui qui les portait.
De nos jours, l’homme a (un peu) évolué. Mais lorsqu’il se pare, c’est toujours pour se faire remarquer. Tel le paon, l’homme qui porte des bijoux est un homme qui parade. Si vous jetez un coup d’œil aux hommes qui ont du succès auprès de la gent féminine, vous remarquerez que beaucoup d’entre eux arborent un pendentif sur leur poitrine, une belle montre ou un bracelet tribal.


Choisir un bijou pour homme : un vrai challenge

Je ne sais pas si vous avez déjà passé du temps à chercher un bijou à offrir à votre copine, mais en choisir un pour homme est bien plus difficile. Trop voyant, trop féminin, trop ringard, trop bling-bling… Difficile de faire son choix. C’est essentiellement une affaire de feeling. Toutefois, il existe quelques pièges à éviter :
- Dans le doute, évitez l’or jaune. L’or jaune garde une connotation féminine. Préférez l’or blanc, l’argent ou l’acier. Le gris métal est une couleur traditionnellement associée à la masculinité. Et puis, pour les hommes peu soigneux, ou qui n’ont pas envie de se prendre la tête, sachez que contrairement à l’or jaune, vous pouvez garder sur vous de l’argent ou de l’or blanc sous la douche. Si vous décidez tout de même de choisir un bijou en or jaune, sachez que l’effet est meilleur sur les peaux mates ou bronzées que sur les peaux claires.
- Evitez la surcharge, sous peine de ressembler à Barracuda. Deux ou trois bijoux choisis avec soin– une belle montre, un pendentif et un bracelet par exemple - attirent le regard sans en faire trop.
- Gardez une cohérence globale. L’ensemble des bijoux que vous portez doit être assorti, par la couleur et par le style. Dans le cas contraire, peu importe combien d’argent vous avez investi, vous aurez l’air de vous être habillé au marché du coin.
- Ne vous forcez pas. Vous ne vous sentez pas bien en portant une chevalière ? Le port d’une boucle d’oreille ou d’un piercing vous paraît trop féminin ? Laissez tomber ce qui ne vous plaît pas. Si vous n’êtes pas à l’aise avec, le port de bijoux aura un effet désastreux sur votre image.

Par Raphaël GEORGES - Publié dans : Psychologie évolutionniste - Communauté : Psycho / Psycha
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Mardi 7 octobre 2008

Le locus of control, ou LOC, est un concept très important en psychologie sociale. Théorisé par Rotter en 1966, on peut le traduire par « locus de contrôle » ou « lieu de contrôle ». Le locus of control détermine où l’individu situe la cause de ses performances ainsi que de l’enchaînement des évènements de sa vie. Le locus of control a un impact très important sur les choix de vie, la motivation et le bien-être.

Le locus of control peut être :
- interne : c’est à dire que l’individu perçoit la performance ou l’événement comme dépendant entièrement de lui-même : la responsabilité de l’échec ou de la réussite n’incombe qu’à lui. C’est la cas, par exemple, lorsqu’il attribue sa réussite aux examens au fait qu’il a travaillé et appris ses cours.
- ou externe : c’est à dire que l’individu perçoit la performance comme échappant totalement à son contrôle. Une personne fait une attribution externe, par exemple, lorsqu’elle attribue la réussite de ses examens à la facilité de l’épreuve ou à l’indulgence du correcteur. La responsabilité de l’échec ou de la réussite dépend de circonstances extérieures incontrôlables pour l’individu.

 

Qu’est-ce qui détermine le locus of control ?

Notez que le locus of control concerne simplement la perception subjective, de la part de l’individu, de la source de responsabilité. Une personne pourra très bien avoir un locus of control externe malgré le fait qu’elle soit responsable de l’événement et inversement. Dans les faits, le locus of control est bien plus souvent déterminé par la personne qui vit l’événement, son état d’esprit et sa personnalité, que par la réalité objective, ce qui se passe dans les faits.

Le locus of control est en effet une composante stable qui fait partie de la personnalité. On observe dans la population des individus plutôt internes et d’autres plutôt externes. On pourra donc rencontrer des personnes qui s’attribuent constamment la responsabilité de ce qui leur arrive dans la vie, et d’autres qui se sentent plutôt spectateurs des évènements qu’ils vivent. Et cela joue sur leur moral et leur motivation. En effet, si j’ai une faible moyenne en maths et que je risque de redoubler si elle ne remonte pas, ma motivation sera différente que j’aie un LOC interne ou externe pour expliquer ma faible performance dans cette matière. Avec un LOC interne, je me dis qu’en travaillant, je peux réussir à augmenter ma moyenne et ainsi réussir à passer dans la classe suivante. Avec un LOC externe au contraire, je me dis que ce n’est pas la peine de me mettre à bosser car ça ne changera rien à ma note.

Notez que la tendance individuelle à avoir un LOC interne ou externe varie en fonction du niveau de performance atteint. Bien souvent, on pourra rencontrer des personnes totalement injustes envers elles-mêmes, qui s’attribueront systématiquement la responsabilité des évènements négatifs qu’ils vivent, et qui croiront que les évènements positifs sont simplement dus à un concours de circonstances. D’autres fois, on rencontrera au contraire des individus qui s’attribueront systématiquement la responsabilité de leurs succès, et qui rejetteront la responsabilité de leurs échecs sur les autres ou les attribueront aux mauvaises circonstances. C’est ce qui se passe quand les joueurs de foot attribuent leur défaite à la pluie qui rendait la pelouse glissante. On voit dès lors que le locus of control est très lié au narcissisme, à l’estime de soi, c’est à dire à la valeur que l’on s’attribue.

 

Quels sont ses effets ?

Le locus of control influe sur l’état d’esprit, les valeurs et le moral des individus. Dans une expérience réalisée par des chercheurs sadiques (si si vous allez voir), des rats étaient placés chacun dans une boîte comportant deux compartiments. A plusieurs reprises, la boîte émettait un son, suivi quelques secondes plus tard d’un choc électrique douloureux. Pour la moitié des rats, il suffisait de changer de compartiment après avoir entendu le son pour éviter le choc. Pour l’autre moitié, quoi qu’ils fassent, ils avaient une chance sur deux de subir le choc électrique. Les chercheurs sadiques (vous savez pourquoi maintenant) ont observé que le premier groupe apprenait très vite à éviter les chocs, et que leur comportement habituel n’était pas altéré par l’expérience. Pour le second groupe en revanche, les chercheurs ont commencé à observer après quelques essais une intense poussée de stress dès que le son retentissait. Après plusieurs dizaines d’essais, les rats du second groupe avaient une attitude générale dépressive. Ils ne réagissaient même plus au son et restaient prostrés. Ils subissaient les évènements avec fatalité.

En attendant que l’on fasse subir la même chose à ces chercheurs, on peut déduire que le fait de ne pas pouvoir contrôler l’apparition d’évènements négatifs conduit à la démotivation, à la résignation et à la dépression. Au contraire, s’attribuer personnellement l’apparition d’évènements positifs conduit à une meilleure estime de soi, un meilleur moral et une plus grande motivation. Vous saurez ainsi que les personnes qui rejettent la responsabilité de leurs échecs sur les autres ne sont pas forcément des ingrats irrécupérables qui éprouvent plaisir à nuire, mais bien souvent des personnes à l’estime de soi fragile qui cherchent à se préserver.

Par Raphaël GEORGES - Publié dans : Psychologie sociale - Communauté : Psycho / Psycha
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Profil

Raphaël GEORGES

Domaine professionnel :
Consulting RH, psychologie et coaching

Localisation :
Grenoble, Isère (38)

Ils ne savaient pas que c'était impossible,
alors ils l'ont fait.

Mark Twain
 
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