Samedi 27 juin 2009
HBO nous avait habitués à des séries surprenantes et de qualité : Sex and the City, Six Feet Under, Rome, Deadwood, Dexter, etc. Alors quand je suis tombé sur In Treatment, l’une des dernières productions de la chaîne, je me suis dit qu’il ne fallait pas rater ça.

La série n’a rien d’un blockbuster. Exit Rome et son budget faramineux. Ici, le décor est minimaliste, les acteurs se comptent sur les doigts de la main et les effets spéciaux sont inexistants. Et pourtant, le concept est vraiment attrayant.

La série nous propose de jeter un œil indiscret dans le cabinet d’un psychanalyste, joué par Gabriel Byrne. Quatre patients défilent chaque semaine en consultation, et se livrent peu à peu. Les personnalités et les problématiques sont variées. Le lundi, c’est Laura, trentenaire qui ne sait pas où elle en est. Le mardi, c’est Alex, pilote de l’US Air Force arrogant et sûr de lui, qui vient consulter après une mission délicate en Irak. Le mercredi, c’est Sophie, adolescente et gymnaste de haut-niveau. Le jeudi, c’est Jake et Amy, pour une thérapie de couple. Et le vendredi, c’est le psy lui-même, celui qu’on a suivi toute la semaine, qui consulte son mentor.

Cette série est une vraie plongée au cœur du monde des psychothérapies. Au fil du temps, le psy lève le voile sur les problèmes de ses patients. Des larmes, des rires, des cris rythment les consultations. En résumé, cette série est passionnante si le monde de la psychothérapie vous intéresse. Si vous voulez savoir comment la parole peut dénouer les choses, ou si vous souhaitez vous-même savoir en quoi consiste une thérapie avant d’en suivre une, jetez-vous sur cette série. Dans le cas contraire, le manque d’action vous ennuiera.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychothérapie - Communauté : Psycho / Psycha
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Samedi 20 juin 2009
Eustache vient me voir pour régler un problème de confiance en soi. Il a du mal à s’exprimer en public. Il stresse avant chaque réunion. En général, il arrive juste à l’heure, dit bonjour à l’assemblée du bout des lèvres, puis s’installe, en évitant de croiser le regard des autres participants. Au cours de la réunion, il n’ose pas ouvrir la bouche. Lorsqu’on lui demande son avis en cours de réunion, il ne sait pas très bien quoi dire, et se contente d’un accord consensuel avec l’avis général.
Pourtant, Eustache est compétent techniquement. Il est d’ailleurs souvent félicité pour son bon travail. Il regrette de ne pouvoir s’exprimer en réunion, alors qu’il s’agit la plupart du temps de sujets qu’il maîtrise. En somme, il a beaucoup d’idées, mais il n’ose pas les exprimer.

La confiance en soi : un concept relatif

Eustache est un cas assez typique. Le manque de confiance en soi en interaction avec un public est très fréquent. Pourtant, peut-on dire qu’Eustache est une personne qui manque de confiance en elle ? Il est compétent sur l’aspect technique de son travail. Il a le sentiment de maîtriser les sujets abordés en réunion.
En réalité, la confiance en soi n’est pas un concept absolu. On ne peut pas se contenter de dire d’une personne qu’elle manque de confiance en soi en général. Il serait plus juste de dire qu’elle manque de confiance en soi dans tel ou tel domaine. Pour Eustache, ce manque de confiance concerne les situations sociales. En revanche, il a confiance en lui sur l’aspect technique de sa situation professionnelle. Pour quelqu’un d’autre, ça pourrait être l’inverse.

Les trois zones de la confiance en soi

Pourquoi Eustache est-il confiant dans son travail, et moins en situation sociale ? Vous me direz sûrement qu’il manque de pratique. Et vous aurez raison. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Lorsqu’on maîtrise une situation parce qu’on la vit souvent et qu’on s’en sort à chaque fois avec succès, on se trouve dans une zone de confort. C’est à dire que l’on se sent apte à affronter la situation. On en a fait l’expérience de nombreuses fois. Celle-ci devient confortable. Elle ne comporte plus de challenge.
Par exemple, une secrétaire, au bout de plusieurs années, sait affronter tous les types de situations qui peuvent se présenter. Rien ne peut la surprendre et le matin, elle sait qu’elle traversera sa journée de travail sans stresser à l’idée de tomber sur une situation qu’elle ne maîtrise pas encore.

Gardons le même exemple. Au départ, sortant diplômée d’un BTS secrétariat, ça ne devait pas être si évident. Lorsqu’elle recevait des demandes auxquelles elle ne savait pas encore répondre, lorsqu’elle était obligée de demander toutes sortes de choses dix fois par jour aux collègues plus anciens, on ne peut pas dire qu’elle éprouvait de la confiance en soi au travail. Elle se trouvait en zone limite, c’est à dire dans une zone dont on ne maîtrise pas tous les éléments.

Imaginons maintenant que la(le) secrétaire nouvellement embauché(e) soit une personne qui n’y connaît strictement rien en secrétariat, un électricien, un pompier voire un psychologue par exemple. Dans ce cas, il ne maîtrisera pas du tout la situation et sera complètement largué. Il ne comprendra rien à ce qu’on lui demande. Pire, il ne pourra même pas demander à ses collègues plus anciens où se trouve le dossier machin-truc, puisqu’il ne saura même pas qu’il en a besoin. Résultat, il se retrouvera complètement paralysé. S’il tient à ce boulot, probablement, il se trouvera stressé. En effet, il se trouve en zone de danger, c’est à dire en situation où l’on se sent complètement incapable.

Comment augmenter sa confiance en soi ?

Vous l’aurez compris, on se sent confiant en nos capacités uniquement en zone de confort. Mais les limites de ces trois zones sont mouvantes. Elles ne sont pas ancrées définitivement à la naissance, ou au cours de l’enfance. Elles peuvent évoluer.
Si vous arrêtez de pratiquer le tennis après plusieurs années d’entraînement, par exemple, peu à peu l’exercice de ce sport passera de la zone de confort en zone limite, puis en zone de danger.
Au contraire, si vous êtes nul au tennis mais que vous prenez des cours, vous allez vite gagner en confiance. Votre zone de confort s’agrandira et englobera ce sport.
Cependant, si ce sport se trouve pour vous en zone de danger, c’est à dire si vous avez la conviction que vous êtes archi-nul(le) en sport par exemple, ce n’est même pas la peine d’essayer. Vous allez vous planter. La seule chose que vous arriverez à faire, c’est de confirmer que ce sport n’est pas fait pour vous.

En résumé, pour augmenter la confiance en soi dans un domaine, il faut faire des excursions de plus en plus fréquentes en zone limite, pour agrandir votre zone de confort, en prenant garde de ne jamais se trouver en zone de danger.

Alors, maintenant que vous êtes des spécialistes de la confiance en soi, avez-vous des idées à proposer à Eustache pour lui faire développer sa confiance en soi en réunion ?
Par Raphaël Georges - Publié dans : Coaching - Communauté : Psycho / Psycha
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Samedi 13 juin 2009
Peut-être connaissez-vous le métier de profiler, popularisé par la série éponyme ? Ou plus récemment, par la série « Esprits criminels ». Malgré que ce métier soit encore peu développé en France, il ne cesse de fasciner. Aujourd’hui, je vous en propose un aperçu.

Parmi les différentes méthodes de profilage psychologique des criminels, l’approche du FBI est la plus célèbre. C’est celle que j’ai choisi de vous faire découvrir. Avec cette méthode, le profilage se déroule en cinq étapes.

Etape 1 : La recherche d’informations

La première étape du profilage consiste à obtenir le maximum d’informations possibles reliées au crime : rapports d’autopsie, photographies de la scène de crime et des corps. En résumé, le but est d’obtenir tous les éléments permettant de savoir ce qui s’est passé, comment ça s’est passé, et pourquoi ça s’est passé.

Etape 2 : Typologie du crime

Grâce aux éléments recueillis, il s’agit de savoir si le crime sur lequel porte l’enquête peut être catégorisé parmi l’une des classifications comportementales inventoriées. Le FBI a développé son propre manuel de classifications, qui fonctionne un peu sur le même principe que le diagnostic médical. A partir des caractéristiques du crime, l’équipe de profilers « diagnostique » un type de criminel plutôt qu’un autre. Par exemple, un feu peut avoir été provoqué par un pyromane, un incendiaire pervers, une personne qui brûle son propre bien pour obtenir l’argent des assurances, etc. Cette étape permet donc de préciser la personnalité du criminel.

C’est aussi à cette étape que seront déterminés des traits plus généraux, comme le type du meurtre (meurtre de masse, meurtre en série, etc.), la motivation primaire (sexuelle, financière, émotionnelle, etc.).

Etape 3 : L’évaluation du crime

Le but principal de cette étape est de rassembler les pièces du puzzle constitués par les évènements précédant, concomitants et suivants le passage à l’acte. En résumé, les profilers cherchent à reconstruire le crime à la fois depuis le point de vue de la victime, et du point de vue du criminel.

Etape 4 : Le profil criminel

Une fois ces étapes passées, les profilers émettent à présent une hypothèse à propos du type de personne qui a commis le crime. La description préliminaire inclura habituellement des détails sur le criminel : sexe, âge, culture, type de profession, statut social, QI, comportement en société, histoire familiale, statut marital, etc.

Etape 5 :Utilisation dans l’enquête

Le profilage peut servir de deux manières au cours d’une enquête criminelle. En premier lieu, le profil établi permet à la police de restreindre le champ de recherche et de concentrer ses efforts sur les suspects qui correspondent au profil.
La seconde manière est de l’utiliser une fois l’arrestation d’un suspect effectuée. Avant d’interroger le suspect, l’étude du profil criminel permet de développer des stratégies pour obtenir des aveux ou d’autres informations recherchées au cours de l’interrogatoire.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychothérapie - Communauté : Psycho / Psycha
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Samedi 6 juin 2009

Bien que placebo signifie en latin “Je plairai”, l’effet placebo est plutôt un casse-tête pour la médecine.

L’effet placebo, c’est un terme médical qui correspond à l’effet positif dans l’amélioration de l’état du patient qui n’est pas dû à l’effet du médicament. C’est ce qui fait que prendre un traitement dont on pense qu’il va être efficace suffit à améliorer sa santé.

Ce phénomène reste encore un mystère aux yeux de la science. Il apparaît même avec les médicaments qui ont prouvé leur efficacité. Avec l’utilisation des médicaments génériques, on constate un phénomène étrange. Avec le paracétamol, par exemple, beaucoup de gens ont remarqué que le générique « marche » moins bien. Pourtant, c’est exactement la même molécule. En fait, c’est une diminution de l’effet placebo. Celui se trouve être bien plus important avec les « vrais » médicaments, ceux que l’on prend d’habitude et dont on a fait personnellement l’expérience de leur efficacité.

Mais attention, comprenons-nous bien : l’effet placebo ne remplace pas l’efficacité chimique du médicament si elle existe, il vient s’y ajouter. Vous pouvez utiliser un médicament qui a prouvé son efficacité et bénéficier de l’effet placebo.

On l’a vu, l’effet placebo peut varier en fonction du nom du médicament. A ce titre, il paraîtrait que le célèbre Viagra ait été baptisé ainsi parce qu’il commence comme virilité et se termine comme niagara. Les firmes pharmaceutiques tentent de maximiser l’effet placebo de leurs médicaments. En effet, leur but est de vendre le plus possible de médicaments, qu’ils soient efficaces… ou pas.
Mais d’autres facteurs que le nom du médicament influencent la force de l’effet placebo. Le prix du médicament joue un rôle très important. Plus le médicament est cher, plus l’effet placebo qui lui est associé est fort.
La couleur importe aussi. Un médicament de couleur bleue aura tendance à créer un état de calme chez le malade, alors qu’un médicament rouge aura un effet dynamisant.
Enfin, la conviction avec laquelle est prescrit le médicament vient également moduler la force de l’effet placebo. Vous aurez plus tendance à aller mieux si votre médecin vous assure que le traitement qu’il vous prescrit va marcher que si vous avez l’impression qu’il ne sait pas très bien ce qu’il fait.

Sachant tout ça, comment être sûr qu’un médicament n’est pas un attrape-nigauds ? Pour tester les nouveaux médicaments, la recherche a développé un protocole dit « en double aveugle ». En résumé, on donne à un groupe de malades le médicament et à l’autre groupe on donne un placebo, c’est à dire une pastille sans molécule chimique. Ensuite, on vérifie si le médicament a eu un effet plus efficace que le placebo. Si c’est le cas, on considère que le médicament a prouvé son efficacité. Mais pour que cette méthode marche, il faut respecter une condition. Lors du test, ni le patient, ni le médecin ne doivent savoir si le médicament pris est le vrai ou le placebo.

Alors comment ça marche ? Comment ce phénomène se produit-il ? C’est tout simplement de la suggestion. En fait, l’effet placebo fonctionne avec les mêmes mécanismes que l’hypnose. Mais là où c’est étonnant, c’est que l’effet placebo apparaît même chez le nourrisson, et plus surprenant encore, chez les animaux.

L’effet placebo comporte encore beaucoup de mystère. A l’heure actuelle, peu de ses secrets ont été percés. Mais, s’il reste un casse-tête pour les médecins, il est très intéressant pour le psychologue. En effet, l’existence de ce phénomène nous permet d’avoir un aperçu sur le fonctionnement du cerveau, et sur ses fabuleuses capacités.
Par Raphaël Georges - Publié dans : Psychologie cognitive - Communauté : Psycho / Psycha
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Profil

Raphaël GEORGES

Domaine professionnel :
Consulting RH, psychologie et coaching

Localisation :
Grenoble, Isère (38)

Ils ne savaient pas que c'était impossible,
alors ils l'ont fait.

Mark Twain
 
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