Psychologie du travail

Mercredi 9 juillet 2008

Lorsqu’on parle de psychologie, on pense tout suite « psychothérapie, psychiatrie, folie, maladie mentale, schizophrénie,… » En réalité, la psychologie ne se limite pas à la psychologie clinique et à la psychopathologie. C’est une discipline beaucoup plus large, que l’on décline classiquement en trois grandes branches :

- La psychologie clinique se focalise sur la souffrance des individus. On considère qu’elle englobe la psychopathologie et la psychologie de la santé.

- La psychologie cognitive, à l’inverse, s’intéresse au fonctionnement du cerveau lorsqu’il « va bien ». La neuropsychologie, la psychologie du développement et la psychologie différentielle font partie de la psychologie cognitive.

- la psychologie sociale, contrairement aux deux branches précédentes, se focalise sur la psychologie des relations et interactions entre individus : le fonctionnement des groupes, les mécanismes d’influence… On peut la voir comme intermédiaire entre la psychologie individuelle et la sociologie, encore qu’elle se base sur la méthode expérimentale et laisse peu de place à l’interprétation. Elle englobe traditionnellement la psychologie du travail.

Les frontières qui délimitent ces trois branches sont parfois floues. En effet, il est très difficile de morceler la psychologie. Bien souvent, un professionnel de la psychologie fera intervenir des concepts, théories, techniques issus d’une autre spécialité que la sienne (voire même d’une autre discipline, comme la sociologie, l’économie, la biologie, l’ergonomie ou l’anthropologie,…). Par exemple, un psychologue du travail qui devra gérer un conflit au niveau d’une entreprise, aura certainement besoin de savoir gérer l’anxiété de certains individus, il devra savoir comment s’organisent les groupes en présence, comment les différents interlocuteurs se perçoivent les uns les autres,…
En réalité, ces trois grands domaines de la psychologie ne sont pas séparés par les concepts, mais seulement parce que le champ de la psychologie est tellement large qu’il est difficile d’en maîtriser tous les aspects.

Par Raphaël GEORGES
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Vendredi 20 juin 2008

Les sites et blogs sur l'emploi font souvent état de l'utilisation des tests du point de vue du candidat, mais qu'en est-il du côté de l'employeur ?

Rappelons avant toute chose que la mise en place de nouvelles méthodes d'aide au recrutement ou la modification des méthodes et outils existants doivent être communiquées au comité d'entreprise (L. 432-2-1 du code du travail). Si l'entreprise fait l'acquisition d'un test visant à être utilisé dans un protocole de recrutement, elle doit donc en informer le CE s'il existe.

Au niveau du processus de sélection en lui-même, la loi impose la transparence. L'entreprise doit informer par avance le candidat de toutes les méthodes qui seront utilisées pour son évaluation. Si un test est utilisé lors d’une session de recrutement, les candidats doivent donc en être informés. La loi est floue sur la précision de l’information qui doit être donnée au candidat sur ce point, si bien que certaines entreprises se contentent par exemple de caser dans leur offre d’emploi « lettre de recommandation manuscrite » pour signaler aux candidats qu’ils seront évalués par graphologie.
Les entreprises rechignent d’autant plus à donner des informations précises sur les tests auxquels les candidats seront confrontés, par peur que ceux-ci s’entraînent à passer ces tests et ainsi faussent les résultats.

Les candidats évalués lors d’un recrutement doivent également avoir des garanties sur la confidentialité des résultats. Les résultats ne doivent être accessibles qu’aux seules personnes prenant effectivement part à la décision de recruter ou non le candidat. Une fois le candidat recruté, il arrive que ses résultats soient également communiqués à son supérieur hiérarchique direct. Personne d’autre ne doit pouvoir y avoir accès.

Enfin, le candidat, qu’il soit embauché ou non, doit pouvoir prendre connaissance des résultats qu’il a obtenus. Bien souvent, cela lui permettra de prendre connaissance de ses points forts et de ses points faibles.

Par Raphaël GEORGES
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Mercredi 11 juin 2008
Jusqu’à récemment, l’utilisation des tests était réservée aux psychologues. En effet, seule la formation des psychologues enseigne à la fois les connaissances théoriques des différentes dimensions psychiques, les outils statistiques nécessaires à la construction et à l’évaluation de l’efficacité des tests et la rigueur scientifique et déontologique nécessaire pour les utiliser dans de bonnes conditions.
Cependant, cette restriction de l’usage des tests n’est pas inscrite dans la loi, mais seulement dans le code de déontologie des psychologues.

De plus en plus de tests sont réalisés par des entreprises privées, parfois installées à l’étranger. Leur qualité est très aléatoire, mais ils bénéficient de nombreuses opérations commerciales et marketing. L’usage de ces tests est possible par des non- psychologues. Avant de se lancer dans l’achat d’un test, il peut donc être intéressant d’en évaluer la qualité.

Hormis les principes de construction que nous avons énumérés dans un précédent article, qui sont indispensables, il existe différents critères permettant d’évaluer la validité d’un test.

Validité de contenu

Il s’agit de la capacité du test à mesurer exactement ce qu’il promet de mesurer. Les « bons » tests fournissent quelques indices statistiques pour évaluer leur validité de contenu. Le plus souvent, ils donnent l’accès à l’indice Alpha de Cronbach, qui varie entre 0 et 1. Plus il est élevé, et plus le test est censé être valide. C’est en partie vrai mais insuffisant. En réalité, l’alpha de Cronbach est simplement une estimation de l’erreur de mesure du test. C’est pourquoi il faut compléter l’étude de la validité du test par l’examen des analyses factorielles qui ont été réalisées. En principe, ces analyses doivent donner le même nombre de facteurs qu’il y a de dimensions évaluées dans le test. Si ce n’est pas le cas, le test est à revoir. Par exemple, pour un test de personnalité basé sur la théorie des Big 5 (conscience, névrosisme, extraversion, agréabilité, ouverture), l’analyse factorielle doit bien révéler 5 facteurs.

Actualisation

Il convient également de repérer la date de dernière édition du test. En effet, un test trop vieux ne sert à rien. L’évolution des mentalités, des valeurs, des aptitudes cognitives de la population est rapide. Pour caricaturer, une question telle que « Etes-vous gai ? » n’a pas le même sens aujourd’hui qu’il y a 30 ans. C’est pourquoi les tests doivent être réactualisés régulièrement. On considère que la durée de vie d’un test est de 6 à 12 ans. Au delà, il devient nécessaire de le réactualiser, ou de changer de test.

Désirabilité sociale

C’est une notion importante à prendre en compte lorsqu’on utilise des tests dont la passation implique des enjeux pour le sujet. C’est un biais présent dans tous les tests conatifs, notamment de personnalité, qu’il est impossible d’éliminer complètement, mais seulement de minimiser. En effet, dans certains tests, les « bonnes » réponses sont facilement repérables. Par exemple, en situation de recrutement, à la question « Etes-vous paresseux ? », le candidat ne répondra jamais « oui ». Bien sûr, les questions sont rarement aussi caricaturales, mais il est souvent possible de percevoir quelle réponse est attendue. Certains tests prévoient des dispositifs pour repérer les sujets « menteurs », en posant des questions sur des comportements socialement répréhensibles, mais que tout le monde met en œuvre. Cependant, ces échelles de désirabilité sociales n’ont pas vraiment fait leurs preuves.

 

Par Raphaël GEORGES
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Vendredi 6 juin 2008

Il est difficile de trouver le temps de gérer un blog tout en révisant pour ses examens qui approchent. Partant de ce principe, et n’ayant pas envie de vous laisser sans nouvelles, j’ai trouvé le moyen de faire les deux en même temps : je vais parler un peu de psychologie du travail.

Rappelons brièvement que le principe du recrutement est de comparer le profil de candidats aux caractéristiques d’un poste ou d’un emploi, afin de sélectionner le candidat le plus proche du profil recherché.
L’efficacité des méthodes de recrutement dépendent donc à la fois de l’efficacité de la méthode elle-même, mais également de la qualité de la définition des caractéristiques du poste.

Il existe plusieurs types de tests psychologiques : tests d’aptitudes cognitives (intelligence, perception,…), compétences, personnalité, intérêts, valeurs, motivation, compétences sociales, psychomotricité, etc.

Dans une démarche de recrutement, les informations psychologiques sur un sujet ne prennent sens qu’en fonction du poste. En dehors de certains cas particuliers, il est par exemple assez difficile de justifier l’emploi de tests de personnalité. S’il est évident qu’un aiguilleur du ciel doit être capable de garder son sang froid en cas de problème, comment définir la personnalité que doit avoir un agent ANPE, un mécanicien ou un médecin ? Pourtant, les tests de personnalité sont massivement utilisés dans le recrutement.

Les tests sont donc un outil qu’il faut être capable de maîtriser et dont la bonne utilisation suppose qu’on en connaisse le fonctionnement. C’est pourquoi la plupart des tests ont un usage réservé uniquement aux psychologues, qui sont capables d’évaluer leur validité et d’apprécier en quelles circonstances ils peuvent apporter leur aide.

Terminons sur la définition précise de ce qu’est un test, pas forcément un bon test, mais qui assure le minimum de rigueur.
Un test propose des conditions de passation standardisées : les mêmes consignes, questions, conditions pour tout le monde.
Un test doit être étalonné : les résultats du sujet ne sont pas absolus, mais comparés à une population de référence. Les questionnaires des magazines féminins (et masculins) ne sont pas des tests ils ne permettent pas de dire si le sujet a un score plus ou moins élevé que la moyenne de la population.
Enfin, pour que le test soit bien construit, il faut que la population sur laquelle a été réalisé cet étalonnage comporte les mêmes caractéristiques que le sujet. Par exemple, faire passer un test d’intelligence dont l’étalonnage a été réalisé sur une population d’adultes à une personne âgée donnera des résultats faussés.

On verra dans un prochain article comment déterminer si un test est un « bon » test. Et puis pourquoi pas, on verra aussi plus en détail les différentes sortes de tests.

Plus de précisions sur la construction des tests ici.

Par Raphaël GEORGES
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Jeudi 29 mai 2008

Herzberg nous propose une approche originale de la motivation au travail. Contrairement aux autres modèles, qui n’envisagent qu’une seule motivation, Herzberg postule qu’il existe deux facteurs influençant la motivation.

Les facteurs d’hygiène

Les facteurs d’hygiène sont les conditions requises pour qu’il y ait motivation, mais qui ne suffisent pas. En entreprise, ce sont les conditions de travail : sécurité, salaire décent, respect et considération de la part de l’entreprise, etc. Si ces facteurs ne sont pas présents, il n’y aura pas de motivation. Par contre, s’ils sont présents, la motivation des salariés n’est pas assurée pour autant. Ils permettent simplement d’éviter la démotivation.

Les facteurs de motivation

Ils relèvent de l’épanouissement de l’individu. Ce sont par exemple un salaire élevé, des primes, des avantages, des responsabilités, être impliqué dans les décisions de l’équipe ou de l’entreprise, etc. Les facteurs de motivation sont des bonus, qui, en présence de bonnes conditions de travail, permettent à l’individu de s’épanouir dans ses activités professionnelles.

En conclusion, pour Herzberg, motivation et démotivation ne sont pas les deux extrémités d’un continuum mais font l’objet de facteurs différents. Cependant, la motivation ne peut exister qu’en l’absence de démotivation.
Ce modèle explique pourquoi, dans certaines organisations, la démotivation s’est installée malgré les efforts de la direction sur certains aspects de la motivation. Accorder des primes ne sert à rien si les salariés sont dans l’incertitude face à l’avenir de l’entreprise, ou s’ils ne se sentent pas respectés par leur direction.

Par Raphaël GEORGES
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Jeudi 21 février 2008

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La dernière fois, nous avons parlé du principe de Peter : « tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence. ». Ce principe est celui qui prévalait dans les années 70. De nos jours il n’est plus valable. C’est pourquoi Scott Adams a défini un nouveau principe : le principe de Dilbert. Son énoncé est simple : « Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : l'encadrement. »

La logique sous-tendant le principe de Peter s’est inversée ces dernières années. Les promotions ne servent plus à récompenser un travail bien fait. Au contraire, on considère à présent que la compétence est trop rare pour se permettre de la perdre. Les personnes compétentes restent donc indéfiniment à leur poste puisqu’elles sont irremplaçables. Elles ne peuvent plus espérer de promotions.
Les personnes incompétentes, au contraire, sont des boulets dont il faut prévenir les dégâts. Et le meilleur moyen de les empêcher de faire n’importe quoi, comme on ne peut pas les virer comme ça, c’est de les mettre à un endroit où ils ne font rien : l’encadrement. Souvent, des postes de cadres inutiles sont même créés spécialement pour recevoir une personne incompétente dangereuse pour l’organisation.

En conséquence, on se retrouve dans une situation où les incompétents sont promus et les compétents stagnent indéfiniment à leur place. Cette situation n’est absurde que si on la regarde avec l’ancienne vision, celle du principe de Peter, où l’on considérait la promotion comme une récompense. En réalité ce qui est insensé, c’est que la société ne soit pas allé jusqu’au bout de cette mutation. En effet, on devrait offrir une meilleure rémunération aux employés qu’aux cadres…

Par Raphaël GEORGES
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Dimanche 17 février 2008
Laurence J. Peter et Raymond Hull publient en 1969 un livre - The Peter principle – exposant les contradictions de l'organisation du travail. L'énoncé du principe est le suivant : Dans une organisation, « Tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence. ». Ce principe implique le corollaire qui l’accompagne : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. ».
 
Explications. « Tout employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence. » Les auteurs partent du principe que l’on obtient une place selon son mérite, donc que les compétents sont promus et les incompétents restent à leur place. Donc, un compétent montera dans la hiérarchie jusqu’à occuper un poste pour lequel il est incompétent, qu’il occupera donc définitivement. 
« Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. » Si un poste est occupé par un incompétent, il y restera. Si un poste est occupé par quelqu’un de compétent, il montera dans la hiérarchie et sera remplacé. Si c’est un compétent qui le remplace, il finira par être promu lui aussi. Et ainsi de suite jusqu’à ce que le remplaçant au poste soit incompétent. 
 

Le principe de Peter était marrant dans les années 70, mais maintenant ça ne fait plus rire du tout. En effet, si à l’époque les promotions s’obtenaient au mérite, au XXIème siècle c’est terminé. Et oui … Maintenant, c’est pire que ça.

Par Raphaël GEORGES
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