Psychothérapie

Mardi 27 octobre 2009
Marcel Rufo et Eglantine Eméyé sur le plateau d'Allo Rufo Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Marcel Rufo est un pédopsychiatre, c'est-à-dire un médecin psychiatre spécialisé dans les troubles de l'enfant et de l'adolescent. Très médiatique, il intervient souvent sur les plateaux de télévision.

Depuis la rentrée, il anime même une émission quotidienne sur France 5 en compagnie d'Eglantine Eméyé : "Allo Rufo". L'émission dure 5 petites minutes au cours desquelles des parents, grands parents et adolescents posent des questions au pédopsychiatre. Celui-ci tente d'apporter immédiatement une réponse concrète aux petits et grands problèmes qui sont abordés.

C'est sûr qu'en 5 minutes, les sujets sont survolés. Il n'est pas question d'approfondir, mais simplement de rassurer les parents sur les comportements de leurs enfants, leur apporter des explications simples et concrètes, et les pousser à consulter un spécialiste lorsque c'est nécessaire.

Et puis, ce qui est particulièrement intéressant, c'est que chacun peut poser ses propres questions, directement en passant par le site Internet de France 5.

Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez aussi retrouver les dernières questions posées ainsi que les réponses apportées par Marcel Rufo. Vous pourrez aussi visionner les vidéos des dernières émissions sur la page consacrée à Allo Rufo sur le site de France 5.

Allo Rufo : du lundi au vendredi à 10h05, sur France 5.
Par Raphaël Georges
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Samedi 4 juillet 2009

Comme le FBI et son équipe de profilers, la France s’est dotée d'un département des sciences du comportement. A la bourre par rapport aux autres pays occidentaux, la France a ses profilers depuis seulement 2002.

Le QG des experts se trouve au fort de Rosny-Sous-Bois, en région parisienne. L’équipe est composée de sept membres : trois hommes ayant une solide expérience d’enquêteurs et quatre femmes, ayant suivi une formation en psychologie et en droit. Ce sont elles les analystes du comportement.

Le département des sciences du comportement, comme aux Etats-Unis, enquête en général sur des crimes en série. Il s’agit la plupart du temps de meurtres, de viols, d’incendies ou d’enlèvements.

Après s’être rendus sur la scène du crime et avoir examiné tous les éléments, les analystes cherchent à se mettre dans la peau du criminel et de sa victime. Pourquoi choisir cette victime ? Pourquoi ce lieu, ce moment particulier ? Qu’a pu ressentir la victime ?… Une fois ces éléments déterminés, le profil de l’auteur du crime peut alors être établi. Le « portrait-robot psychologique » est constitué de plusieurs informations plus ou moins précises : sexe, âge, milieu professionnel, antécédents psychiatriques et/ou judiciaires, etc.

Le département des sciences du comportement a déjà permis de résoudre plusieurs cas difficiles. Même si le profilage est une technique controversée, l’équipe a réussi à s’imposer au fil des années par son efficacité, pour multiplier par quatre le nombre d’interventions annuelles depuis 2002.
Par Raphaël Georges
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Samedi 27 juin 2009
HBO nous avait habitués à des séries surprenantes et de qualité : Sex and the City, Six Feet Under, Rome, Deadwood, Dexter, etc. Alors quand je suis tombé sur In Treatment, l’une des dernières productions de la chaîne, je me suis dit qu’il ne fallait pas rater ça.

La série n’a rien d’un blockbuster. Exit Rome et son budget faramineux. Ici, le décor est minimaliste, les acteurs se comptent sur les doigts de la main et les effets spéciaux sont inexistants. Et pourtant, le concept est vraiment attrayant.

La série nous propose de jeter un œil indiscret dans le cabinet d’un psychanalyste, joué par Gabriel Byrne. Quatre patients défilent chaque semaine en consultation, et se livrent peu à peu. Les personnalités et les problématiques sont variées. Le lundi, c’est Laura, trentenaire qui ne sait pas où elle en est. Le mardi, c’est Alex, pilote de l’US Air Force arrogant et sûr de lui, qui vient consulter après une mission délicate en Irak. Le mercredi, c’est Sophie, adolescente et gymnaste de haut-niveau. Le jeudi, c’est Jake et Amy, pour une thérapie de couple. Et le vendredi, c’est le psy lui-même, celui qu’on a suivi toute la semaine, qui consulte son mentor.

Cette série est une vraie plongée au cœur du monde des psychothérapies. Au fil du temps, le psy lève le voile sur les problèmes de ses patients. Des larmes, des rires, des cris rythment les consultations. En résumé, cette série est passionnante si le monde de la psychothérapie vous intéresse. Si vous voulez savoir comment la parole peut dénouer les choses, ou si vous souhaitez vous-même savoir en quoi consiste une thérapie avant d’en suivre une, jetez-vous sur cette série. Dans le cas contraire, le manque d’action vous ennuiera.
Par Raphaël Georges
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Samedi 13 juin 2009
Peut-être connaissez-vous le métier de profiler, popularisé par la série éponyme ? Ou plus récemment, par la série « Esprits criminels ». Malgré que ce métier soit encore peu développé en France, il ne cesse de fasciner. Aujourd’hui, je vous en propose un aperçu.

Parmi les différentes méthodes de profilage psychologique des criminels, l’approche du FBI est la plus célèbre. C’est celle que j’ai choisi de vous faire découvrir. Avec cette méthode, le profilage se déroule en cinq étapes.

Etape 1 : La recherche d’informations

La première étape du profilage consiste à obtenir le maximum d’informations possibles reliées au crime : rapports d’autopsie, photographies de la scène de crime et des corps. En résumé, le but est d’obtenir tous les éléments permettant de savoir ce qui s’est passé, comment ça s’est passé, et pourquoi ça s’est passé.

Etape 2 : Typologie du crime

Grâce aux éléments recueillis, il s’agit de savoir si le crime sur lequel porte l’enquête peut être catégorisé parmi l’une des classifications comportementales inventoriées. Le FBI a développé son propre manuel de classifications, qui fonctionne un peu sur le même principe que le diagnostic médical. A partir des caractéristiques du crime, l’équipe de profilers « diagnostique » un type de criminel plutôt qu’un autre. Par exemple, un feu peut avoir été provoqué par un pyromane, un incendiaire pervers, une personne qui brûle son propre bien pour obtenir l’argent des assurances, etc. Cette étape permet donc de préciser la personnalité du criminel.

C’est aussi à cette étape que seront déterminés des traits plus généraux, comme le type du meurtre (meurtre de masse, meurtre en série, etc.), la motivation primaire (sexuelle, financière, émotionnelle, etc.).

Etape 3 : L’évaluation du crime

Le but principal de cette étape est de rassembler les pièces du puzzle constitués par les évènements précédant, concomitants et suivants le passage à l’acte. En résumé, les profilers cherchent à reconstruire le crime à la fois depuis le point de vue de la victime, et du point de vue du criminel.

Etape 4 : Le profil criminel

Une fois ces étapes passées, les profilers émettent à présent une hypothèse à propos du type de personne qui a commis le crime. La description préliminaire inclura habituellement des détails sur le criminel : sexe, âge, culture, type de profession, statut social, QI, comportement en société, histoire familiale, statut marital, etc.

Etape 5 :Utilisation dans l’enquête

Le profilage peut servir de deux manières au cours d’une enquête criminelle. En premier lieu, le profil établi permet à la police de restreindre le champ de recherche et de concentrer ses efforts sur les suspects qui correspondent au profil.
La seconde manière est de l’utiliser une fois l’arrestation d’un suspect effectuée. Avant d’interroger le suspect, l’étude du profil criminel permet de développer des stratégies pour obtenir des aveux ou d’autres informations recherchées au cours de l’interrogatoire.
Par Raphaël Georges
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Samedi 16 mai 2009
illustration de l'article sur la normalité La psychopathologie est une sous-discipline de la psychologie clinique et de la psychiatrie. Son but est d'étudier les maladies mentales et de chercher la meilleure manière de les soigner.
Dès le départ, la psychopathologie se heurte à un problème délicat : Comment savoir ce qui est normal et ce qui ne l'est pas ? Comment définir la normalité ? En réalité, il existe quatre pistes pour définir la normalité. Nous allons les examiner ici, mais souvenez-vous que ce ne sont pas des réponses. Ce sont seulement des pistes à explorer.

On juge une société à la manière dont elle traite ses fous. Lucien Bonnafé

La normalité statistique

La normalité statistique consiste à considérer les comportements adoptés par la majorité de la population comme normaux, et les comportements minoritaires comme anormaux.

Facile à comprendre, cette définition ne résout pas tout pour autant. En effet, on peut se demander ce que devient la minorité à partir d'une pareille conception. Selon les cultures et les époques, elle peut être acceptée, rejetée, forcée à rentrer dans le rang ou exterminée...

Et, autre problème, où placer la limite entre majorité et minorité ? Imaginons que 16% de la population roule en voiture de sport, 20% en berline, 21% en véhicule utilitaire, 20% en 4x4 et 23% en voiture de ville. Est-ce qu'on peut dire que rouler en voiture de ville représente le comportement majoritaire ?

La normalité idéale

La normalité idéale s'inscrit dans une culture particulière. Elle consiste à considérer comme normales les personnes qui correspondent aux valeurs culturelles. A l'inverse, les personnes qui ne correspondent pas aux critères culturels en vigueur sont considérées comme anormales.

Dans notre société occidentale par exemple, il arrive fréquemment de rencontrer au travail des personnalités psychopathes ou narcissiques à des postes à hautes responsabilités. Les cultures occidentales individualistes valorisent l’esprit self-made man : la construction de sa propre réussite. Ces personnes sont donc considérées comme normales car elles intègrent les valeurs de la société.
Dans d’autres cultures, aux valeurs plus collectives, ces personnes seraient considérées comme anormales, caractérielles et égoïstes.

La normalité fonctionnelle

La normalité fonctionnelle ne compare plus l'individu par rapport au reste de la population, mais par rapport à lui-même. Chaque personne a des hauts et des bas. La normalité fonctionnelle consiste donc à savoir si l’état de la personne est plutôt en phase d’amélioration, ou au contraire de détérioration.
Bien sûr, cette définition est limitée :Certaines personnes vont manifestement toujours mal. C’est pourquoi elle ne peut pas être utilisée seule.

La « normativité »

La normativité est un concept développé par G. Canguilhem, qui définit la normalité comme une capacité à s'adapter aux changements de l'environnement. Une personne « normale » arrivera à changer son comportement en fonction des rôles qu'elle a à jouer : salariée, cliente du supermarché, joueuse de tennis en club, locataire d'un appartement, etc.
Par contre, l'individu « malade » est celui qui aura du mal à s'adapter à l'ensemble des situations qu’il rencontre.
Reprenons l'exemple cité plus haut. Si l'on retrouve souvent au travail des personnes narcissiques et psychopathes haut placées, c'est parce qu'elles sont adaptées à la réalité du monde du travail. Peut-être qu'en famille, en couple, etc. tout ne se passe pas aussi bien pour elles car leur personnalité narcissique est mal acceptée en dehors de l’entreprise. Même une horloge cassée donne l'heure correcte deux fois par jour.

Au final, nous voyons que la « normalité » est un concept flou. C’est pour cela que certains auteurs ont rangé cette notion au placard et préfèrent raisonner en termes de souffrance et de danger. En effet, finalement, est-il nécessaire de soigner ce qui est anormal, si ça ne fait pas souffrir et ne présente aucun danger pour soi ou pour autrui ?
Par Raphaël Georges
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Jeudi 3 avril 2008

Tout à l’heure au 20H de France 2 est passé un reportage édifiant sur les pratiques de certains psychothérapeutes. Ces arnaqueurs s’avéraient être en réalité des recruteurs pour des sectes. Ils profitaient de la fragilité psychologique de leurs patients pour les embrigader. Notamment, ils les persuadaient qu’ils avaient été abusés sexuellement par leurs parents lorsqu’ils étaient enfants afin de les isoler de leurs familles. Puis, ils les faisaient entrer dans leur secte pour leur extorquer leur argent et profiter d’eux.
Bien sûr, la majorité des psychothérapeutes ne sont pas comme ça. Mais le fait que soit possible ce genre de dérive est inacceptable. Comment se fait-il qu’on en soit arrivé là ?

Rappelons que depuis très peu de temps, le titre de psychothérapeute est réservé exclusivement aux médecins et psychologues, ce qui devrait réduire les risques. Ainsi, pour se dire psychothérapeute, il faut au minimum un master (BAC + 5) en psychologie. Vous me direz, un cardiologue ou un dermatologue qui fait des psychothérapies, c’est pas très rassurant. Certes, mais c’est toujours mieux qu’un serrurier ou un(e) secrétaire, comme c’était possible avant.

Malgré tout, l’enseignement de la psychologie à l’université pose encore problème. Depuis le début de la guerre entre écoles théoriques de psychothérapie, la psychanalyse et les thérapies cognitivo-comportementales, l’enseignement de la psychologie à l’université est devenu un vrai champ de mines. Chaque enseignant assène sa vérité, en opposition à l’autre. L’étudiant n’a plus la possibilité de comprendre que ces deux théories sont les deux faces d’une même pièce.
Ajoutez à cela le manque de crédits pour les départements universitaires de psychologie, et vous avez la recette pour former des étudiants incapables. De fait, pour réussir à l’université, il n’est pas question d’intégrer ce qu’on nous enseigne, mais simplement de faire plaisir au professeur, en lui ressortant par cœur lors des examens les vérités de SON école théorique. Un psychologue clinicien n’est donc plus un professionnel maîtrisant des techniques, mais simplement un mouton qui sait se conformer à ce que l’on attend de lui. Ceux qui réfléchissent, qui ne se réclament pas d’un courant ou de l’autre et cherchent toujours à s’améliorer, ceux là sont refoulés aux examens.

Tant que personne ne prendra acte de ce fait, les choses iront de mal en pis. Nous continuerons à fabriquer des psychologues à l’emporte pièce qui s’efforceront de décrédibiliser la psychothérapie.

Par Raphaël GEORGES
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